architecte paysagiste bordeaux art paysage

"They are coming back"

 

proposition pour le concours Nuit Blanche #14, Amiens.

13 interventions (peintures, collages, lumières) dans la ville, narrant le retour mystique des grenouilles du marais,

avril 2014.

 

// Marie Bretaud, Romain Lacoste, Helena Le Gal \\

 

[ projet fictif ]

Les légendes façonnent l'âme des villes.

Des tourbillons et des bruits sur le parvis de la cathédrale, histoire de Vent et de Discorde, aux grenouilles aphones environnant les marais, histoire du Miracle des Raines, en passant par la Bête Blanche, histoire de Lycanthropie, on peut saisir le territoire d'Amiens à travers une certaine iconographie du mythe.

 

Quels liens tisser entre ces anciennes histoires, ces lieux mystifiés, ces anecdotes, et de nouveaux événements ?

Comment composer un nouveau récit avec les lieux, les mythes et les personnes présentent cette future nuit du 11 octobre 2014 ?

Show More
art paysage anamorphose UV
art paysage anamorphose

L’histoire de Sainte Ulphe, ensorceleuse de grenouilles, a retenu notre attention. La nuit blanche qu’elle dut passer au sein de ce marais, entourée de mille coassements l’empêchant de dormir, finalement nous fait sourire et donne l’envie d’intervenir.

Et si ces grenouilles avides de revanche prenaient cette nuit comme une page blanche pour continuer d’écrire la fable?

Alors elles apparaîtraient de nuit, dans l’espace de la ville et laisseraient aux faveurs du jour de simples traces de leur passage.

La lumière, pour cette nuit blanche, semble une technique intéressante, permettant de s’amuser par des jeux d’estampe, d’apparitions, de disparitions, diurnes et nocturnes.

Par l’emploie de peinture UV éclairée par une lumière noire, de fantomatiques batraciens envahiraient la ville sous un ciel obscure. Certains se trouveraient par terre, sur des murs, dans les canaux, et d’autres encore existeraient plus secrètement, formés par des anamorphoses*.

La lumière UV ne révélant les grenouilles que la nuit, n’apparaîtraient au petit matin plus que quelques éléments peints ou collés : moustiques, nénuphars ou traces de pattes. Ces empreintes seraient les témoins d’une présence batracienne passée ou à venir, pour certains passants de l’ordre du souvenir, pour d’autres non initiés, encore insoupçonnée.

Par l’installation de capteurs de mouvements, des coassements se déclencheraient à chaque approche, à chaque passant. L’homme retrouverait alors un rôle dans le fabliau, déclenchant et subissant le tapage nocturne des fameux crapauds. Le Miracles des Raines se reproduit à merveille, ouvrez bien les yeux et tendez l’oreille.

 

Entre le jour et la nuit, l’histoire et le paysage contemporain, le son, le temps et l’espace, s’installe alors un curieux dialogue et se tisse le récit des batraciens et de leur vie dans l’espace urbain.

 

Au centre ville, dans les recoins, ils se faufilent et chantent enfin…

Leur présence ectoplasmique, qu’on voit ou qu’on devine, donne au passant l’envie inextinguible d’en trouver plein, de flairer leurs nids, de prédire leurs passe-temps, de n’en oublier aucun.

Copyright © 2016  Atelier TçPç. All Rights Reserved.